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Posts Tagged “Bataille”

Qui peut se réjouir le plus de notre défaite sur les Plaines d’Abraham ? Ce sont les États-Uniens. Surtout pas nous qui avons subi la désintégration de l’empire français en Amérique du Nord et avons été abandonnés trop tôt par notre mère-patrie.
Les États-Uniens ont gagné sur tous les tableaux. Les Treize  Colonies étaient trop à l’étroit et voulaient déjà aller vers l’ouest, mais tout le centre du continent nous appartenait à partir de l’Ohio actuel. Leur impatience allant en augmentant, l’obsession était : Il faut détruire le Canada ! comme on répétait sans cesse au sénat romain Delenda est Carthago, «Il faut détruire Carthage». C’est en toutes lettres dans The New York Mercury en 1754.
Nos amis, - ou anciens ? ennemis -, ont demandé à la Grande-Bretagne de s’en charger, mais leur mère-patrie rechignait à cause des coûts. Alors les États-Uniens nous ont attaqués, se disant que la Grande-Bretagne suivrait le mouvement un coup parti. Donc Washington nous attaqua et notre Jumonville se vengea en prenant le fort Nécessité aux Anglais en 1754. Ce fut le début réel de la Guerre de Sept ans ou la rage de détruire le Canada. Delenda est Canada.
Cette rage couvait depuis longtemps. Déjà en 1690, l’amiral Phipps vint attaquer Québec, mais échec et mat ! C’était Frontenac notre gouverneur, ce n’était pas John Charest ! ou John Chretien ! En 1711, Walker arriva avec toute une armada, mais les pilotes canadiens forcés de piloter les bateaux sur le Saint-Laurent dangereux et inconnu… oh malheur ! les bateaux se sont écrasés sur les récifs de l’Île-aux-Œufs. Toute une omelette ! En 1756, Montcalm écrasa la troupe états-unienne dix fois plus nombreuse à la bataille de Carillon. En 1759, Wolfe se présenta sur les Plaines d’Abraham, ah là ! défaite, mais grâce à un traître français… préfigurant le gouvernement fédéral. Avec 30 000 soldats, ils nous battirent.
Trois ans de discussions diplomatiques permirent à la France d’abandonner les « quelques arpents de neige du Canada » pour quelques barils de mélasse de la Martinique. L’historien Guy Frégault écrit que Choiseul, le ministre français des armées sous le Louis XV, calculait que si la France perdait le Canada, la Grande-Bretagne perdrait son lucratif commerce avec les États-Unis. Ces derniers le savaient aussi, c’est pourquoi ils voulaient absolument gagner le Canada, sachant qu’avec le Canada, ses immenses richesses et son immense territoire, ils pourraient se libérer du commerce avec la mère-patrie. De plus, cette guerre forcée contre la Nouvelle-France qui avait coûté extrêmement cher à la Grande-Bretagne gâchait les relations avec les Treize Colonies.
Ainsi les États-Uniens profitèrent de l’empire français d’Amérique que nous avions bâti à force de courage et de sacrifices héroïques. La plus grande partie des frais de cette conquête fut payée par la Grande-Bretagne et les États-Uniens n’avaient plus qu’à faire leur indépendance de la mère-patrie. Ce qu’ils firent. Sommes-nous trop bêtes pour faire la nôtre ?…
Vive la liberté !
Vive Obama !
Et que dieu ne se mêle surtout pas de ça !

Jean-Paul Tessier sur  http://jeanpaultessier.blogauteurs.net/blog/

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